Des raisons de fond et non des querelles de personnes :

 

le révélateur de la «loi PEILLON»

 

 

 

          Évoquant, dans le n° 468 de L'Agrégation, sous l'intitulé d'un Rapport moral qui n'a jamais été soumis au Bureau, son attitude «dans tous les débats» portant sur «des projets du Ministère», Mme SCHMITT-LOCHMANN tient à souligner qu'elle n'a jamais pratiqué l'«agressivité dans les propos» à l'égard du Ministère. Mais qui pourrait en douter ? En témoignent pages sur pages du n° 468 : la présidente-candidate, pour une fois, ne ment pas. Car la présidente-candidate, certes, ne s'est jamais montrée agressive à l'égard des projets du Ministère. Car ce dont la présidente-candidate se flatte, c'est d'«accompagner [...] le changement» voulu officiellement.

 

          C'est, naturellement, de l'accompagner «sans crainte», puisque toute analyse critique d'un projet officiel, en l'occurrence celui de la Refondation de l'école, résulterait nécessairement, selon elle, d'une frilosité, «rétive à la nouveauté» et «hostile au changement».

          Quitte, pour mieux accompagner le changement voulu par le Ministère, à se prétendre la digne interprète de responsables de l'Association désormais silencieux, à inscrire sa trahison dans la tradition, à déverser des torrents d'injures sur les Sociétaires vivants qui ont tenu à honneur, par leurs propres moyens et sans aucun soutien de la Société des agrégés de l'Université, de défendre ouvertement le concours de l'agrégation, de ne pas se résigner à la réforme du CAPES, de dénoncer la remise en cause du décret de 1950, de dénoncer l'entreprise de territorialisation de l'enseignement dont la réforme des rythmes scolaires est officiellement le levier.

          Nous qui ne consentons pas aux compromissions de la présidente-candidate, nous sommes présentés dans le n° 468 comme craintifs, hostiles au changement, rétifs à la nouveauté. Nous sommes accusés de «hargne extrémiste», d' «extrémisme» , d'«incitations à la haine». Nous serions coupables d'entretenir un «climat permanent de délation, de chantage et de menaces». Nous serions animés d'«une intolérance haineuse qui ne mène à rien». Nous aurions pris comme cible une personne et non un comportement. Faute de programme et d'arguments, nous nous livrerions à des attaques personnelles.

 

          Nos analyses critiques seraient dénuées de tout objet.

 

          Or nos analyses critiques portent sur un texte de loi, en l'occurrence la "loi PEILLON", comme elles se seraient appliquées aussi complètement que possible à tout autre texte de loi intéressant l'enseignement.

 

          Mme SCHMITT-LOCHMANN, peut-elle continuer, pour imputer nos protestations de Sociétaires à des griefs personnels, de soutenir que la "loi PEILLON" serait un texte "insignifiant" ?

 

          Après la catastrophique réforme du CAPES, la catastrophique réforme du métier enseignant dément cette assertion.


          À la veille de l'élection d'un nouveau Comité et d'un nouveau Bureau, la présidente-candidate, dans le n° 468 de L'Agrégation, tente in extremis de retourner la situation. Selon la page 9 de la revue, elle aurait mis à profit les discussions sur le «Métier enseignant» pour «rappel[er] la légitimité des propositions» de notre Association, affirmation cependant, une fois de plus invérifiable. Mais la page suivante lance une provocation insupportable, lorsque les mouvements de protestation des professeurs des CPGE y sont évoqués au passé simple, c'est-à-dire au temps qui convient à «un fait situé dans un passé révolu, sans lien avec le moment présent», tandis que la réforme du décret de 1950 y est évoquée au présent.

 

          Le décret qui abroge les dispositions du décret de 1950 n'est pas signé. Il ne doit pas l'être. Quand bien même il le serait, il devrait continuer d'être combattu. Il nous reste une chance de sauver notre métier. Il nous reste une chance de faire reconnaître que notre mission consiste à dispenser des enseignements correspondant aux disciplines dans lesquelles nous avons été recrutés, et dont les connaissances seront profitables à nos élèves.


          Les luttes pour la sauvegarde de notre métier n'appartiennent pas à un passé révolu sans lien avec le présent. Ces luttes sont notre présent. Elles doivent être notre présent si nous voulons sauver notre métier. Elles ne peuvent pas être conduites par une personne qui considère qu'elles appartiennent au passé.


          C'est pourquoi je demande à tous les Sociétaires de se joindre à nous pour tenter de sauver notre métier. Ce n'est pas être « extrémiste » que de refuser une capitulation. La défense de notre métier est un enjeu d'importance capitale, et ce sont bien des raisons de fond qui ont décidé de mon attitude, et de celle des Sociétaires qui ont choisi de me soutenir, à l'égard des réformes ministérielles entreprises depuis deux ans au titre de la Refondation de l'école et donc à l’égard de la conduite actuelle de la Société.

 

          Le dossier qui suit s'attache à en rendre compte.

        

 

          Pierre BLAZEVIC

 


 

 

LA SOCIÉTÉ DES AGRÉGÉS DE L'UNIVERSITÉ ET LA «LOI PEILLON».

 

 

I.- A L'INSTIGATION DE Mme SCHMITT-LOCHMANN, LA SOCIÉTÉ DES AGRÉGÉS DE L'UNIVERSITÉ A MÉNAGÉ LE MINISTRE

 

1.- TROIS MOIS DE SILENCE DE LA SOCIÉTÉ DES AGRÉGÉS DE L'UNIVERSITÉ

 

Le projet de la "loi PEILLON" a été rendu public le 7 décembre 2012.

Le Gouvernement a fait savoir que le projet de loi serait adopté en Conseil des Ministres le 23 janvier 2013.

Alors que le Bureau du 12 janvier s'est réuni plus d'un mois après la divulgation du projet de "loi PEILLON", Mme SCHMITT-LOCHMANN n'a soumis à cette séance du 12 janvier 2013 aucun projet de remarques critiques qui auraient pu être adressées au Gouvernement au nom de la Société des agrégés de l'Université. Elle n'a même pas évoqué de vive voix les orientations possibles d'une analyse. Elle n'a à plus forte raison donné lecture d'aucun projet de texte qui aurait pu être remis aux autorités de l'Etat au nom de notre Association.

Or, dans sa version du 7 décembre, le projet de la « loi PEILLON » renfermait, pour les concours de l'agrégation et du CAPES, des dangers moins visibles que ceux qui résultent de la conception des ÉSPÉ, mais bien réels. En effet, il résultait de l'article 9 du projet de loi (renuméroté entre-temps) qui instaurait une «éducation artistique et culturelle» que cet article remplaçait l'article 121-6 du Code de l'Éducation, c'est-à-dire l'article, fondamental pour la formation des élèves, aux termes duquel : «les enseignements artistiques font partie intégrante de la formation scolaire primaire et secondaire» des élèves. La mise en oeuvre conforme de ces dispositions du projet de loi aurait entraîné la disparition de tous les CAPES et toutes les agrégations des disciplines artistiques. Alertées avant le Conseil des Ministres du 23 janvier 2013 par la Lettre et les Remarques adressées à Monsieur Vincent PEILLON par la Présidente d'honneur de la Société des agrégés de l'Université, les Associations des professeurs de Musique, notamment, sont intervenues auprès du Premier ministre pour obtenir le rétablissement de la phrase : «les enseignements artistiques font partie intégrante de la formation scolaire, primaire et secondaire» des élèves.

Il faut regretter que l'analyse qui a étayé ces intervention n'ait pas été produite par la présidente actuelle de la Société des agrégés de l'Université. Mais le texte nécessaire à cette intervention n'a pas été produit par la représentante statutaire de la Société des agrégés de l'Université. Celle-ci affirme avoir bénéficié d'une audition à l'Assemblée nationale le 17 janvier 2013, sans toutefois dire qui l'a reçue (dans le n° 461, page 6).  Sur le contenu de cette audition, les Sociétaires n'ont  aucune autre information que le commentaire de ce n° 461. Si la délégation de la Société a remis ce jour-là un texte portant sur le projet de "loi PEILLON", les Sociétaires en tout cas n'y ont pas eu accès. Les Sociétaires n'ont eu et n'ont toujours aucun moyen de VERIFIER ce qui a été déclaré EN LEUR NOM UNE FOIS LE PROJET DE LOI CONNU.

 

2.- AU BOUT DE TROIS MOIS, DE TIMIDES COMMENTAIRES, VOLONTAIREMENT EN RETARD SUR LE CALENDRIER DE LA RÉFORME MINISTÉRIELLE

 

Ce que les Sociétaires peuvent vérifier, en revanche, est que le commentaire de l'audition  du 17 janvier 2013 a été porté à la connaissance des Sociétaires  seulement  le 22 mars 2013, AU LENDEMAIN de l'adoption du projet de loi par l'Assemblée nationale (le n° 461, janvier-février -mars de L'Agrégation, n'ayant été distribué le 22 mars 2013).

 

Mme SCHMITT-LOCHMANN a donc attendu, pour soumettre aux Sociétaires un «quelque chose»  qui aurait pu prêter à discussion, qu'il soit TROP TARD POUR AGIR.

Elle a agi de telle sorte que LA SOCIÉTÉ DES AGRÉGÉS DE L'UNIVERSITÉ A MÉNAGÉ LE MINISTRE.

 

II.- A L'INSTIGATION DE Mme SCHMITT-LOCHMANN, LA SOCIÉTÉ DES AGRÉGÉS DE L'UNIVERSITÉ A PERSÉCUTÉ L'UNE DE SES  SOCIÉTAIRES, EN L'OCCURRENCE LA PRÉSIDENTE D'HONNEUR, PARCE CELLE-CI DEMANDAIT UN VÉRITABLE EXAMEN CRITIQUE DE LA "LOI PEILLON",  ALORS MÊME QUE LA PRÉSIDENTE D'HONNEUR AVAIT CLAIREMENT ÉCRIT AU MINISTRE À TITRE INDIVIDUEL, ET QUE SON POINT DE VUE N'ÉTAIT PAS ISOLÉ AU SEIN DE L'ASSOCIATION (ce texte est présenté ci-après sous la rubrique «L'OBJET DU LITIGE»).

Mme SCHMITT-LOCHMANN A USÉ POUR CELA DE MOYENS TELS QUE MENACES VERBALES, INTERDICTIONS ÉCRITES D'EXPRESSION PUBLIQUE CONTRAIRES À LA CONSTITUTION.

ELLE A MÊME RÉFORMÉ PRÉCIPITAMMENT LES STATUTS DE LA SOCIÉTÉ POUR Y INSCRIRE UNE PROCÉDURE D'EXCLUSION INCONNUE DEPUIS 100 ANS. ELLE A AINSI, DE SA PROPRE INITIATIVE, AIDÉ À L'ADOPTION DE LA «LOI PEILLON». ELLE A EMPÊCHÉ AUTANT QU'ELLE LE POUVAIT LA DISCUSSION AU SEIN DE LA SOCIÉTÉ DES AGRÉGÉS.

 

 

 

 

 

1) Demande de publication de la Lettre et des Remarques dans la revue L'Agrégation

 

 

 

 

 

2) Article du Figaro avec citation de Mme ZEHRINGER

 

 

 

3) Courriel de Mme ZEHRINGER à Mme PECH, journaliste et responsable des questions d'Education au Figaro

 

 

 

 

4) Courriel de l'avocat de Mme ZEHRINGER à l'avocat de Mme SCHMITT-LOCHMANN

 

 

 

 

 

5) Lettre de mise en demeure de la Présidente de la Société des agrégés à Mme ZEHRINGER

 

 

 

 

 

6) Compte rendu de la réunion du Bureau du 9 février 2013 (présenté le 25 mai 2013)

 

 

 

 

 

 

7) Lettre de menace de la Présidente de la Société des agrégés à Mme ZEHRINGER

 

 

 

 

III.- L'"OBJET DU LITIGE"

 

Lettre et Remarques adressées à Monsieur Vincent PEILLON par Madame Geneviève ZEHRINGER

 

Avant-propos :

          Comme rédactrice des deux textes, Lettre et Remarques, qui ont été adressés en date du 19 décembre 2012 à Monsieur Vincent PEILLON, alors Ministre de l'éducation nationale, sur le projet de la Loi de refondation de l'école, dans sa version du 7 décembre 2012, je tiens à témoigner de ce que ces deux textes doivent, dans leur état achevé, au travail quotidien de réflexion et de mise au point accompli du 10 au 19 décembre 2012 en coopération avec M. Pierre BLAZEVIC ainsi qu'avec plusieurs des Sociétaires qui se sont déclarés candidats pour le soutenir. Ces textes, dans l'ensemble de leurs développements, témoignent concrètement de ce travail commun.
          En plein accord avec les vues de Monsieur Pierre BLAZEVIC sur l'agrégation, sur les concours nationaux, sur la défense des intérêts matériels et moraux de leurs lauréats, et sur la défense de la qualité de l'Enseignement, j'ai l'honneur de soutenir la candidature de Monsieur Pierre BLAZEVIC à la Présidence de la Société des agrégés de l'Université, et de soutenir avec la même conviction les candidatures exprimées à son soutien.

 

 

 

          Geneviève ZEHRINGER

 

 


 

 

Propos d'un  «EXTRÉMISTE»

 

 

 

Lettre ouverte à Monsieur Vincent PEILLON

 

 

 

Transmission d'une réponse de Monsieur Vincent PEILLON

 

 

La réponse de Monsieur Vincent PEILLON

 

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